ni le processus, ni son objet

Posted in Non classé on février 2, 2010 by felxb

cette exigence de la justesse; aborder le conçu comme nécessité du moment mais ancré en nous avant la conscience même de cette nécessité.

de cette tension entre ce qui advient au monde et ce qui n’est pas.

ce qui ne pré-existe même pas dans la positivité large du monde.

ce qui advient et qui n’est ni le processus, ni l’objet du processus.

ce serait au fond l’advenu au moment même où il se tire du vide; ni par enchantement, ni par acharnement.

ce qui te lie

Posted in Non classé on janvier 22, 2010 by felxb

une photographie qui d’abord prend tous objets
comme objet de l’ennui

un art de grand silence donc
la peur même, presque
à défaut de pouvoir la nommer

mais une fois que tu sauras lire le monde, lire cette photo et ce livre, que te restera-t-il à faire et que gagneras-tu de plus à nommer l’évidence qui les tient en place devant toi?

ce qui te lie
la poussière d’abord
la sécheresse du corps

reviens à ce silence d’après le déluge
à la première rivière ouverte
dans ce quotidien
-comment ne pas fondre en larme-
comme une offrande
dans le  geste

chaque sacrifice appelle
un dieu différent.

*

peux-tu comprendre ce que je te dis?

Posted in Non classé on octobre 17, 2009 by felxb

Au loin, si loin à l’Ouest te semble-t-il, un orage se prépare. Peut-être est-ce un orage qui s’en va. Comment faire la différence? Mais ce tonnerre qui crachote, qui fait l’animal avec ses basses cordes. Sur cette idée du tonnerre qui prépare quelque chose jusque dans ton ventre, tu peux déjà prédire que ta vie n’est plus la même. Partant d’ici, avec l’orage qui fait sa messe à l’Ouest, tu pourrais transfigurer l’existence même des gens.
Tu ne t’y attendais pas, mais elle te dit : je peux lire en toi comme dans un livre.
Avec cet air détaché, désintéressé, qui ne s’attarde qu’à dire ce qui est, pour être dans la justesse seulement.
Rien n’y résiste.
Tu veux bien t’esquiver, j’espère que ce que tu y lis est beau! Haha.
Non, seulement comme ça, ni beau ni laid. Comme ça, elle dit. Sérieuse.
Tu ne rajoutes plus rien. Avec ce silence qui n’est plus un retour sur soi, une fermeture dans le bruissement de nos paroles, il devient possible d’être soi-même. Un instant seulement. Un instant, tu le veux, tu le soupèses bien.
Enfin. Un silence à hauteur d’âme.
J’ai faim, elle dit, oui ayons faim. Avoir la faim, avoir le ventre vide et courir les terres pour le remplir.
Tu dis ok. J’ai un plan, si on se dépêche, l’épicerie sera encore ouverte. Je ferai des petits pains anglais au beurre. Il fait froid, je ferai un potage.
Déjà tu n’y crois plus.
Ton pain, je le bénirai, elle dit.
Je le bénirai, peux-tu comprendre ce que je te dis?

a

il n’y a plus rien à faire

Posted in Non classé on juillet 27, 2009 by felxb

entre deux discussions où tu prévois chaque accord
quel visage te composeras-tu qui ne te raconterait pas au plus intime

cet espace que tu occupes ce saisissement de l’air par dehors du corps
dans lequel l’horizon autour est une hésitation
le moment d’arrêt sur image
les choses t’habitent parce que tu n’as pas la force de t’engager autrement
tu aurais voulu arriver d’abord au monde avec la volonté du bonheur
tu dois pourtant composer-avec.

sur ton visage ton corps
toi qui dors
dans nos après-midi
libérés de toute contrainte
il n’y a plus rien à faire dans le fil de nos jours
que l’ennui qui nous lierait au-delà de nous même
du soir au matin
la saison morte
cette liberté de la neutralité face à notre propre faiblesse

tu voudrais tourner la page
que cette vie puisse faire époque

quatre jours déjà que tu ne t’es pas lavé
dans la ruelle derrière la boutique
- et cet été qu’on a déjà oublié -
tu m’as montré des cicatrices sur tes bras
sur la peau qui relie la beauté au ciel
une idée de la mort et de la fierté même – de l’âme -
« ça ne va pas. ce n’est pas de moi que je ne m’occupe plus
au contraire jamais je ne fus si pleine de moi avec moi. »

tout est à refaire de grâce referme les yeux
d’un bout à l’autre ce monde
tu n’y avanceras que fatiguée

tu fais une basse révérence à ce qui s’agite
et je referme la boucle qui te souligne dans la lumière
-ce contre-jour où même la lune serait absurde-

« une fois, une seule fois se rencontrer soi-même
et se mesurer au plus petit de la vie »

chaque mot posé dans l’idée que tu existes
parle de la survie

sur cette fin qui t’anime
je me recueille

la photographie en temps de crise I

Posted in Non classé on avril 9, 2009 by felxb

Des premières photographies que l’on prend il reste l’idée pleine de l’aspect vide de cet acte. Il semblerait que tout ce qu’on entreprend ensuite serait la tentative de s’éloigner au plus loin de ce premier vertige.

Le vertige ressenti est celui de l’absurdité profonde se dégageant du réel une fois ce dernier mis à distance. Il demeure banal, inconséquent, imprennable.

Tout sentiment tiré de la photographie se passe à l’état de la fiction. Ces narrations qu’on se laisse raconter pour et par notre propre histoire personnelle.

De tout mon être quand je prends un cliché, je voudrais que celui-ci soit autre chose que ce qu’il se bornera à toujours être. C’est l’échec constant et néanmoins borné qui rend la photographie vivante. Il y a un grand sacrifice et une humilité nécessaire qui se fait jour quand on regarde une photographie prise par soi-même.

Ni le beau ni le laid.
Peut-être faudrait-il que la photographie essaie de restituer une part de sacré au réel, tant ce dernier en est maintenant dépouillé.

À l’idée de prendre une seule photo, qui deviendrait un objet récupérable et réduisible, une Image de plus entassée dans la plus petite place de l’âme, il me vient un désir de m’enfermer devant un mur de vide.

Pourquoi donc ajouter au trop-plein? La question demeure entière. Que dire de plus que le silence ne dirait pas autrement mieux que le bruit de l’Image imparfaite du monde parfait?

autoportrait à la chaise.

Je retourne en moi cette idée persistante qui serait de devoir déterminer lequel des deux actes est plus un viol entre prendre la photographie d’un mort ou d’un vivant. Le fait que ce soit un devoir me dit plus sur la nature de la photographie que toute autre réfléxion.

la répétition de nos débuts.

Posted in Non classé on avril 1, 2009 by felxb

Il ne nous reste plus qu’à affronter une fin abrupte qui serait la répétition de nos débuts.
Pourtant ce renoncement ne résigne rien en nous. ne persiste que le sentiment d’une perte plus grande que soi.
Et enfin, la pureté de l’émotion ne veut rien dire, ni aucun cri sur les toits de la ville; rien n’y fait, c’est à ça qu’il faut vouer notre orgeuil.

Cette nuit creuse notre embarras. sans doute. et pourquoi nier que ce n’est rien à notre échelle, que la grandeur n’est pas atteinte.
Mais nous guetterons quand même le moindre signe d’apaisement où planter notre corps pour de bon.

Chaque photographie

Posted in Non classé on mars 21, 2009 by felxb

chaque photographie s’accompagne d’abord d’un silence dont elle est aussi issue.

Sur la photographie.

Posted in Non classé on mars 13, 2009 by felxb

 » … La limite du savoir que la photographie peut donner du monde est que, tout en pouvant aiguillonner la conscience, elle ne peut en fin de de compte jamais apporter aucune connaissance d’ordre éthique ou politique. Le savoir tiré des photographies sera toujours une certaine forme de sentimentalisme, qu’il soit cynique ou humaniste. Ce sera un savoir au rabais: une apparence de savoir, une apparence de vérité; de la même façon que l’activité photographique est une apparence d’appropriation, une apparence de viol. Le mutisme même de ce qui est hypothétiquement intelligible dans les photographies est ce qui les rend séduisantes, provocantes. Leur omniprésence exerce une influence incalculable sur notre sensibilité morale. En introduisant dans ce monde déjà encombré son double iconique, la photographie nous donne le sentiment que le monde est plus disponible qu’il ne l’est en réalité.

Le besoin de voir la réalité confirmée et le vécu exalté pas des photos constitue un mode de consommation esthétique dont personne aujourd’hui n’est capable de se passer. Les sociétés industrielles font de leurs membres des camés dont l’image est la drogue; c’est la plus puissante forme de pollution mentale. Désir poignant de trouver la beauté, d’en finir d’examiner le dessous des choses, de sauver et de célébrer le corps du monde : tous ces constituants du sentiment érotique s’affirment dans le plaisir que nous prenons aux photographies… « 

- S.S. ; p.38 -

la force d’inertie.

Posted in Non classé on février 22, 2009 by felxb

comment en arrive-t-on
à cet état de déchéance
à portée de main
se bâtir une solitude
oublié le sourire vers l’en-dehors
- par quel jeu d’ombres? -

tu leurres ton monde volontier
le dimanche soir
aux feux d’artifices
c’est pourtant à toi que tu feras la part belle
rien n’y déroge
ne désamorce la force d’inertie.

quand a-t-on décidé de se nommer
- la maison, cette danse, ce cinéma déjà trop vieux -
la maladresse de s’approcher de soi par l’autre
je te donne la réplique
comme si la force du sol
était ta ligne de vie

on se sent sale beaucoup trop vite
les mécanismes de survie n’y sont pour rien
attache-toi dans l’enchaînement
à vide de nos gestes
cette pureté est de ce monde depuis longtemps
cette averse entends-là dans la fenêtre
et tout se délie rappelle le au vrai

tout te dépasse
trompe-la-mort.

Posted in Non classé on février 4, 2009 by felxb

à part moi
dans l’écologie des jours
la ville – cette ville – s’agite
et tu te saignes de l’avant
le corps – toujours le corps à refaire
avec quoi transiges-tu
les formules
les soubassements du grès
qu’en gage de recul certain

dernier acte de foi.

comment trace-t-on un tremblement?
je le redemande
son début, le moment d’apaisement
au plus près de sa fin
de grâce
rappelons-nous
la charge érotique
de l’inclinaison de la terre
or on ne parle guère plus de la lumière
de la vitesse d’un sourire
qui osera dire banalement j’ai peur?
- par quel acte de foi -
quand la peur elle-même ne saura
se reconnaître.