mais rien qui ne se donne à voir du premier coup d’oeil.

Posté dans Non classé le décembre 8, 2010 par felxb

je parlerais de photographie. de certaines photographies
en particulier. et il y aura moi, quelque chose comme moi
qui se dissoudrait. par ce même mouvement. par cet élan,
je dirais. de se cacher dans l’image.

-     Ça s’est déjà vu!

je sais. ça s’est déjà fait. ça s’est déjà entendu.
je crois même l’avoir déjà lu.

-       Mais ça serait différent alors?

non. justement, ce serait la même chose, ni plus,
ni moins. le même. pour le creux que laisse le
moindre écart.

ça parlerait d’une perte. de ce qui résiste en nous
et toujours. ce qui n’abdique jamais. ce serait surtout
l’envie de ne plus se battre. des photographies qui
donneraient l’envie de rien. et rien que de ça. un vide
qui fascine. qui engouffre tout et qui appelle ce qui se répète
toujours en nous – inlassablement. l’image reconfigurée en soi;
de l’autre qui nous habite par le défaut de l’image projetée.
mais surtout, surtout, ça parlerait de ce vide qui fascine
par sa neutralité.

-     Ce serait des images de toi, des paysages?

ce ne serait ni des images de moi, ni de l’autre, ni même des
paysages. ce ne serait pas des images.

-     Et pourtant, il y aurait une image?

oui. mais rien qui ne se donne à voir. plutôt tout ce qui
repousse l’image en dehors d’elle-même. qui serait
en rapport constant avec ce qui n’est pas de l’Image.
le monde de l’image ne pourrait pas s’y reconnaître.
et tout ferait qu’il ne s’y reconnaisse jamais.

-       Et pourquoi?

je ne sais pas. ou si je sais, ce ne sont que des impressions
qui m’habitent. qui m’ont toujours hantées.
il s’agit, en quelque sorte, du cadavre qui se cache sous
le tapis.

ce serait des photographies comme ça, tu vois.
un leurre, un double de notre corps; notre propre cadavre.
le cadavre de notre propre meurtre. il faudra faire face.
et quand on fera face, il ne faudra pas se battre. seulement
contempler ce vide et dire :
oui, ce vide m’appartient.
ce serait notre vide commun à tous.
il faudra l’aimer, et aimer le détester.
ça je le crois.

de la seule violence acceptable

Posté dans Non classé le novembre 19, 2010 par felxb

pour abby v.

alors délie-nous
dans l’épure refaite
d’une détresse à jamais répétée

et puisses-tu retenir
ce saisissement du corps
quand l’en-dehors tremble enfin
de la seule violence acceptable
des sexes soudés dans la peur

entrer au monde par aveu
-et ce qui s’abolit tranquillement-
apaisé par devant le lit d’écorce
à flanc de mer
l’idée du seul lieu
dans le dénuement le plus consenti
où approcher la grâce

et jamais narration du vide
n’aura semblé si belle

l’intimité abordée de biais

Posté dans Non classé le août 26, 2010 par felxb

on cherchera en vain
la joie cachée d’un matin froid
-toutes ces occasions où se refaire-
le sens profond de l’inclinaison de la tête
et -enfin- la même peur
de se saisir enfin.

ne te méprends pas
un grand calme couve
quelque part en toi
et en toutes choses
va à la rencontre de l’essentiel

de ce qui parle en nous malgré nous
ce qui nous énonce envers
nos résistances

entrer doucement. sortir.
si bien que la trace s’installe en durée
quelque chose un peu
comme l’intimité abordée de biais.

l'intimité abordée de biais

1983

Posté dans Non classé le août 7, 2010 par felxb

-1983-
la femme tourne en rond
entre la porte et le salon
et tout ce qui adviendra après l’annonciation
l’irréparable dans son ventre
ce que ça demandera
de renoncement en soi

défais-toi de ce rêve récurrent
abandonne enfin ton époque
et patience – au plus petit coeur
le sang revient toujours

-comment oublier qu’on a eu la lacheté de se pardonner si souvent?-

avec la grâce chienne.

le rêve No 2/10

Posté dans Non classé le mai 24, 2010 par felxb

cet enfant de 4 mois; trop grand pour son âge, allumé. trop éveillé. et qui se met à parler, lentement, à la stupéfaction de tous, il décode, il décode tout, avant sa propre conscience, par devant l’idée qu’il existe en lui-même, ça parle en lui, à travers lui. sur un quai de bois délavé où l’on voit et ressent la moindre ride sur l’eau à travers les lattes espacées, le petit homme qui parle et qui parle.
c’est un génie, ça ne fait pas de doute, il s’agit ici, devant tous, d’un miracle. chacun se rappèlera de cet après-midi sur le quai, lorsqu’un bébé de 4 mois s’est mis à parler. tout le monde autour (mais qui sont-ils?) l’acclame, se félicite à haute voix d’avoir pu croiser l’Histoire de ce prodige vivant; à ce moment, ici, dans une structure de gens que je ne sais plus reconnaître, je suis pris de panique. quelqu’un dit: je pourrais faire de l’argent avec lui, il jouera du piano à 4 ans. jamais on aura vu tel prodige sur la terre!
quelqu’un remarque qu’il ne regarde jamais personne. quelqu’un se met à pleurer de joie. de joie. qui sont ces gens si heureux autour d’un enfant qui parle?
un chien se serait mis à parler qu’on aurait pas été plus surpris – d’ailleurs quelqu’un autour fait la remarque. un miracle, comme dans la bible, comme dans un rêve, dirait-on. les gens affichent des sourires niais, des yeux fiers, trop fiers, ahuris. il y a une folie qui s’empare des gens tranquillement, par le centre d’abord et progressivement
jusqu’à la périphérie.
le même rêve. l’écart.
l’entre-deux véritable est la folie qui te surprend à ton réveil.

à la fin.

sans titre.

Posté dans Non classé le février 26, 2010 par felxb

de l’attente que cherche
le buveur dans l’arc sous l’hiver
recueille en toi le déversé des jours
et puisses-tu te souvenir tes prières
au matin revenu d’entre les morts
couche-toi sur la terre
que je refasse tes liens détendus
fais dos au monde
et dors de ce silence d’avant la forêt.

ni le processus, ni son objet

Posté dans Non classé le février 2, 2010 par felxb

cette exigence de la justesse; aborder le conçu comme nécessité du moment mais ancré en nous avant la conscience même de cette nécessité.

de cette tension entre ce qui advient au monde et ce qui n’est pas.

ce qui ne pré-existe même pas dans la positivité large du monde.

ce qui advient et qui n’est ni le processus, ni l’objet du processus.

ce serait au fond l’advenu au moment même où il se tire du vide; ni par enchantement, ni par acharnement.

ce qui te lie

Posté dans Non classé le janvier 22, 2010 par felxb

une photographie qui d’abord prend tous objets
comme objet de l’ennui

un art de grand silence donc
la peur même, presque
à défaut de pouvoir la nommer

mais une fois que tu sauras lire le monde, lire cette photo et ce livre, que te restera-t-il à faire et que gagneras-tu de plus à nommer l’évidence qui les tient en place devant toi?

ce qui te lie
la poussière d’abord
la sécheresse du corps

reviens à ce silence d’après le déluge
à la première rivière ouverte
dans ce quotidien
-comment ne pas fondre en larme-
comme une offrande
dans le  geste

chaque sacrifice appelle
un dieu différent.

*

peux-tu comprendre ce que je te dis?

Posté dans Non classé le octobre 17, 2009 par felxb

Au loin, si loin à l’Ouest te semble-t-il, un orage se prépare. Peut-être est-ce un orage qui s’en va. Comment faire la différence? Mais ce tonnerre qui crachote, qui fait l’animal avec ses basses cordes. Sur cette idée du tonnerre qui prépare quelque chose jusque dans ton ventre, tu peux déjà prédire que ta vie n’est plus la même. Partant d’ici, avec l’orage qui fait sa messe à l’Ouest, tu pourrais transfigurer l’existence même des gens.
Tu ne t’y attendais pas, mais elle te dit : je peux lire en toi comme dans un livre.
Avec cet air détaché, désintéressé, qui ne s’attarde qu’à dire ce qui est, pour être dans la justesse seulement.
Rien n’y résiste.
Tu veux bien t’esquiver, j’espère que ce que tu y lis est beau! Haha.
Non, seulement comme ça, ni beau ni laid. Comme ça, elle dit. Sérieuse.
Tu ne rajoutes plus rien. Avec ce silence qui n’est plus un retour sur soi, une fermeture dans le bruissement de nos paroles, il devient possible d’être soi-même. Un instant seulement. Un instant, tu le veux, tu le soupèses bien.
Enfin. Un silence à hauteur d’âme.
J’ai faim, elle dit. Avoir faim, avoir le ventre vide et courir les terres pour le remplir. Oui. La faim s’empare de tout ce qui advient.
Tu dis ok. J’ai un plan, si on se dépêche, l’épicerie sera encore ouverte.
Je ferai des petits pains anglais au beurre.
Il fait froid, je ferai un potage.
Déjà tu n’y crois plus.
Ton pain, je le bénirai, elle dit.
Je le bénirai, peux-tu comprendre ce que je te dis?

a

il n’y a plus rien à faire

Posté dans Non classé le juillet 27, 2009 par felxb

entre deux discussions où tu prévois chaque accord
quel visage te composeras-tu qui ne te raconterait pas au plus intime

cet espace que tu occupes ce saisissement de l’air par dehors du corps
dans lequel l’horizon autour est une hésitation
le moment d’arrêt sur image
les choses t’habitent parce que tu n’as pas la force de t’engager autrement
tu aurais voulu arriver d’abord au monde avec la volonté du bonheur
tu dois pourtant composer-avec.

sur ton visage ton corps
toi qui dors
dans nos après-midi
libérés de toute contrainte
il n’y a plus rien à faire dans le fil de nos jours
que l’ennui qui nous lierait au-delà de nous même
du soir au matin
la saison morte
cette liberté de la neutralité face à notre propre faiblesse

tu voudrais tourner la page
que cette vie puisse faire époque

quatre jours déjà que tu ne t’es pas lavé
dans la ruelle derrière la boutique
- et cet été qu’on a déjà oublié -
tu m’as montré des cicatrices sur tes bras
sur la peau qui relie la beauté au ciel
une idée de la mort et de la fierté même – de l’âme -
“ça ne va pas. ce n’est pas de moi que je ne m’occupe plus
au contraire jamais je ne fus si pleine de moi avec moi.”

tout est à refaire de grâce referme les yeux
d’un bout à l’autre ce monde
tu n’y avanceras que fatiguée

tu fais une basse révérence à ce qui s’agite
et je referme la boucle qui te souligne dans la lumière
-ce contre-jour où même la lune serait absurde-

“une fois, une seule fois se rencontrer soi-même
et se mesurer au plus petit de la vie”

chaque mot posé dans l’idée que tu existes
parle de la survie

sur cette fin qui t’anime
je me recueille

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